Hypérion
Unissant les cils à mes cils, les mains dans le pardon,
J’ai murmuré l’incantation,
Tu sais, celle de l’appel, la quête du cycle neuf et perpétuel,
Une demande à l’univers, la dernière des sept sans doute ;
Mon Dieu, je n’avais pas encore terminé!
Il ne restait plus qu’une peau dure soufflant à l’envers et en biais
Comme le plus simple et froid des vents de résistance,
Une boîte hermétique vidée de ces illusions hyperréalistes,
Pression hyperbare
De l’autre au rayon X.
Il était comme eux, un album d’images, sans texte d’explications,
Des photos d’eux au milieu de chaque page toutes faciles à comprendre
Rien à inventer, juste eux à voir et à manger
Pour qu’ils ne soient pas seuls, qu’ils ne meurent surtout pas sans otage,
Jamais.
Ils avaient tout abandonné sur le bord de leur bouche
Comme des vermines à l’instinct de survie barbare et moderne
De leurs demeures en béton
Lâchant les enfants en premier, bien sûr
Qui s’accrochent et gangrènent
Ces petites choses là, idéalisées dans des coïts endiablés ou fades
Ces petits cadeaux parfaits de soi pour l’autre, de soi pour soi
Etaient tombés de clones projetés en fardeaux.
Ils avaient même fini par enfouir leur Atlantide promise
Dans une marée de fumées noires.
De tout cela, ils n’en avaient rien à foutre
Et moi, j’avais la nausée.
Alors j’ai violé l’entrée d’un entre deux
Seul endroit pour valider, insoumise, l’expiation des hommes
Sans combattre, révolte silencieuse.
Je ne suis pas partie, je ne suis pas restée, j’ai juste disparu complètement
Jetant mes prédictions impitoyables à tes yeux et aux chiens d’un futur enragé.














